Le président palestinien Mahmoud Abbas, avant le vote, a demandé le statut d'état observateur non membre à l'ONU pour l'état arabe palestinien, 65 ans après l'adoption du plan de partage de la Palestine qui prévoyait un état juif et un état arabe, mais qui à ce jour n'a pas été réalisé.
L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Ron Prosor, n'a pas démenti l'hostilité de son pays envers la démarche palestinienne. « Cela ne fait pas progresser la paix. Cela la fait reculer », a-t-il dit. Benyamin Netanyahou a qualifié le discours du président palestinien d'hostile et de venimeux. « Ce ne sont pas les mots d'un homme qui veut la paix, a-t-il déclaré. La décision des Nations unies ne changera rien sur le terrain. Elle ne favorisera pas la création d'un État palestinien. Elle la reportera encore », a estimé le premier ministre israélien.
Le Canada, qui a voté contre la résolution, estime que seule une négociation entre Israël et les Palestiniens peut mener à la création d'un État palestinien. Le 30 novembre 2012, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a fait la déclaration suivante : « Le Canada réévaluera maintenant tous les aspects de ses relations bilatérales avec l’Autorité palestinienne. Nous exhortons de nouveau l’Autorité palestinienne et Israël à reprendre les négociations sans conditions préalables, pour le bien de leur population ».
Au lendemain de l'accession des Palestiniens au statut d'État observateur à l'ONU, le gouvernement israélien a autorisé la construction de 3000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Certains voient ce geste comme les représailles du gouvernement israélien envers les Palestiniens qui ont remporté une victoire importante sur la scène internationale.
« Malgré les gages qu'il a donnés au président Obama, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a donné l'ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie Nord de la Cisjordanie de sa région méridionale », nous dit un correspondant diplomatique du quotidien Hareetz. « Alors que les Palestiniens font tout ce qui est possible pour maintenir l'idée d'une solution à deux États, y compris le vote hier aux Nations unies, le gouvernement israélien fait tout ce qui est possible pour la détruire », a déclaré M. Erekat, négociateur palestinien.
Alors que le gouvernement canadien demeure muet sur la question, même Washington condamne ce geste.
« Laissez-moi répéter que cette administration - comme les administrations précédentes - a dit très clairement à Israël que ces activités [d'extension des colonies] faisaient reculer la cause d'une paix négociée entre Israël et les Palestiniens », a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence à Washington en présence de ministres israéliens.
Les discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne autour d'un processus de paix supervisées par les États-Unis ont rapidement avorté en 2010, en raison de la reprise des constructions israéliennes dans les colonies de peuplement de Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Espérons que les Israéliens vont annuler leur projet pour pouvoir trouver une solution favorisant les deux États.
