La St-Jean-Baptiste représente la fête nationale du Québec depuis 1977. Par contre, les gens oublient facilement qu'à la base, cette fête englobait tous les Canadiens-français. Est-ce parce que les francophones des autres provinces ont été oubliés ou parce qu'ils ont été mis de côté?
Le 24 juin 2007, Andréanne Germain a voulu répondre à cette question en mettant sur pied un documentaire. Ce documentaire a été présenté par L'Office National du Film du Canada et a été produit par Anne-Marie Rocher. Pour commencer, elle a recruté deux Québécois sur internet, Antoine et Nicholas, afin de passer une journée complète dans la peau de Franco-Ontariens. Ils se sont rendus ensemble sur les plaines d'Abraham et un peu partout dans Québec en transportant chacun un gros drapeau franco-ontarien.
Suite à une lettre qu'Andréanne a reçu, portant sur le fait que seuls les drapeaux québécois, noirs anarchistes et des patriotes sont acceptés pour la St-Jean, et par l'opinion d'amis québécois, Andréanne, Antoine et Nicholas ont d'abord pensé que les gens étaient pour se révolter ou tout simplement ne pas être d'accord. Par contre, la majorité des gens ont été intrigués par ce drapeau nouveau à leurs yeux, tandis que d'autres l'ont reconnu, ce qui a incité les gens à venir parler et par la suite, peut-être être plus consciencieux. Beaucoup de personnes n'avaient jamais vu ce drapeau. Lorsqu'on leur demandait une hypothèse, rares étaient ceux qui trouvaient la bonne signification. «C’est irlandais?», a répondu un passant.
Par contre, il ne faut pas oublier le but de ce documentaire qui était de conscientiser les Québécois au sujet des autres francophones du Canada, plus précisément l'Ontario. J'ai été surprise par la façon dont les gens ont été ouverts et ont donné leurs opinions. La séparation du Québec est revenue souvent dans les conversations. «On vous intègre dans notre pays si on se sépare!», a dit un passant. Peut-être à cause du taux élevé d'alcool dans son corps...
N'empêche qu'il a quand même amené le sujet. Certains ont même dit que les francophones de l'Ontario existaient en raison de ceux du Québec. Selon moi, les Franco-Ontariens existent encore parce qu'ils sont fiers et que le français fait partie de leur héritage.
Finalement, Andréanne a conclu son documentaire sur cette note: «Je crois que l'Ontario ne fera jamais partie de la culture québécoise. Par contre, il reste qu'on a le même but : préserver la langue française en Amérique.»