Partout dans le monde, la pêche est en crise. Une crise grave qui mettrait en danger l’une des principales ressources alimentaires de 250 millions de personnes.
«L’évolution technologique rend les bateaux capables d’attraper plus de poissons que jamais. La population explose le long des côtes. Les pays développés subventionnent leurs pêcheries. La demande de produits de la mer n’arrête pas d’augmenter. Tous ces facteurs ont contribué au problème. Surtout quand ils se combinent les uns aux autres », comme l’expliquait John Virdin, un consultant spécialiste de l’environnement de la Banque Mondiale.
En effet, 25% des principales zones de pêche du monde sont aujourd'hui surexploitées et 40% sont entièrement utilisées. Résultat : de nombreuses espèces sont en danger d’extinction immédiate. 40% sont entièrement exploitées et 20% des poissons d’eau douce ont déjà disparu, sont en voie de disparaître ou considérés comme vulnérables!
Et ce ne sont pas uniquement les poissons qui sont menacés. Les mammifères marins, les tortues, les oiseaux de mer et les invertébrés le sont tout autant, non seulement par la pêche mais aussi par la dégradation de leur habitat et la pollution.
Ce sont en majorité des bateaux des pays développés, subventionnés par leurs gouvernements, qui attrapent le poisson en grandes quantités. Plus le nombre de pêcheurs augmente, plus la prise de poissons diminue. Chacun est donc obligé de travailler de plus en plus dur pour maintenir sa production.
Depuis 1988, le produit de la pêche des poissons les plus communs n’a cessé de s’amoindrir. En 50 ans, le nombre de morues, thons, mérous et requins a chuté d'environ 90%.
Pour les pays en voie de développement, le défi est de taille. Il n’est pas évident de déterminer qui est autorisé à pêcher, où, quand, quelle quantité de poissons, etc.
La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas encore trop tard. En agissant tout de suite, il est possible de permettre aux écosystèmes menacés de se reconstituer, du moins en partie. En protégeant les zones de reproduction des poissons, et en finançant d'autres moyens de subsistance pour les pêcheurs excédentaires, il serait même possible, dans certaines zones, d’augmenter les quantités de poissons dans une dizaine d’années.