C’est le délire à Paris, en début avril, alors qu’un grand personnage s’apprête à traverser les Champs Élysée. Un bain de foule l’attend à la sortie de sa limousine blindée. Un accueil de star; des jeunes en délire, des pancartes brandies, des gens qui se ruent pour être le plus près possible de lui. Non, ce n’est pas Bono qui sirote son champagne dans sa voiture de luxe, mais bien l’homme le plus puissant du monde qui fait escale chez nos cousins français avant de reprendre l’avion et faire le tour des capitales européennes, à la suite du G20.
Barack Obama a toutes les raisons du monde de faire le tour du continent; en plus de battre le fer de la popularité tandis qu’il est chaud, Obama doit aussi visiter ses partisans à l’étranger qui lui ont donné un support inconditionnel. En effet, lors des présidentielles américaines, le 44e Président américain, Barack Obama, avait cette chance unique d’être appuyé non seulement par une délégation inspirée d’Américains, mais aussi par une grande communauté mondiale, qui savait désespérément qu’un changement dans la direction des États-Unis serait d’une signification énorme pour le reste du globe.
Mais le vent semble avoir tourné au pays de l’Oncle Sam. Après quelques semaines de lune de miel avec son peuple, les douceurs semblent avoir pris fin alors que la myriade de promesses que le nouveau Président avait déposées sur la table est déjà brandie en l’air par les pessimistes et les sceptiques. Pourtant, la population internationale ne semble pas broncher. C’est toujours comme un visionnaire et un révolutionnaire qu’elle perçoit le premier Président noir des États-Unis.
Le clan McCain avait d’ailleurs accusé son rival démocrate, lors de la campagne électorale, de faire la cour aux Européens, alors que, selon celui-ci, il aurait dû plutôt avoir les deux pieds sur le nouveau continent. Il reste qu’Obama a gagné l’élection en question, sous le regard captivé des Européens à travers leurs téléviseurs, et l’oreille attentive des Africains, surtout des Kenyans, par l’intermédiaire de leurs radios. Une célébration sans pareille a alors secoué le monde, une réjouissance et un soulagement commun, une reconnaissance envers ces Américains, trop souvent critiqués.
Mais cette antipathie envers ce peuple n’est pas sans explication. En effet, quel autre peuple est à la fois capable d’élire Bush fils et Barack Hussein Obama? Imprévisibles les Américains, me dites-vous? Mais peu importe si le nouveau Président du pays est chouchouté partout sur le globe. Il reste que son peuple est toujours le même. Cette population à la fois paranoïaque et destructive, imaginative et efficace. N’oublions pas que si Barack Obama fait le tour des continents, c’est non seulement pour rétablir un contact entre les directions gouvernementales, mais aussi entre les peuples. Une autre tâche qui s’accumule sur un amas d’attentes gargantuesques.