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Le temps des Fêtes : un véritable jeu de Monopoly

Publié le 17 Décembre 2009
Publié le 16 Juin 2010

Christofer Hébert, École secondaire Le Relais

Offert en d’innombrables modèles, le jeu du Monopoly connaît un succès remarquable en ce temps de l’année. Ce jeu, dont le but est de devenir le plus riche, nous offre à chaque tour la possibilité d’acheter de nouvelles propriétés. Certains deviennent riches en gagnant le gros lot ou en achetant les propriétés les plus dispendieuses, d’autres s’appauvrissent en payant des taxes et des frais d’admission.

Alors en quoi cela diffère-t-il de notre société capitaliste? Absolument rien. Ce n’est qu’un changement de termes : les tours sont des jours et les propriétés représentent tout bien matériel. Ceci est bien plus qu’un simple jeu de société : c’est le jeu de «la» société.

Nous baignons dans une société de consommation, résultat d’une américanisation et de l’instauration d’idéologies capitalistes de la part d’un gouvernement de la famille de droite. Jeunes ou moins jeunes sommes soumis au mécanisme américain, au pouvoir corrupteur du dollar, ainsi qu’aux disparités et hiérarchies sociales.

En ce temps des Fêtes, on ne fait pas exception. Au contraire, c’est le temps de la prospection et de l’achalandage du capitalisme. N’est-il pas étrange que les centres d’achats nous séduisent par leurs décorations et leur musique des Fêtes dès le premier novembre? Aucunement. Ce système d’organisation sait comment accélérer le rythme des ventes et évalue nos besoins au-delà de ce qu’il faut pour vivre.

Certains peuvent tenter de nous réconforter en nous disant que les consommateurs sont libres, mais il vaut mieux être blessé par la vérité qu’être réconforté par un mensonge. Le consommateur ne fait que lancer les dés, dépensant en prenant des risques. Le système administratif, lui, n’a rien d’hasardeux : il veille sur ses consommateurs en investissant avec sûreté.

Eh oui, le vrai jeu du Monopoly consiste en une prison dorée. La richesse «monétaire» nous émerveille de sorte que nous ne remarquons pas que nous sommes prisonniers du système. Ainsi, nous oublions parfois qu’il existe des richesses autres que monétaires.

N’est-ce pas celles-là que nous devrions prioriser d’abord? À vous de juger si votre prison dorée parvient à combler ces autres richesses.

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