Le 8 mai dernier, les propriétaires de l’usine de pare-brises Pittsburgh Glass Works (PGW), à Hawkesbury, annonçait sa fermeture pour le mois de novembre prochain. Finalement, l’heure de rancœur arriva en ce 5 novembre 2009, où se déroula la dernière journée de travail pour ces employés remplis d’amertume.
Les causes de la fermeture se disent politiques, du moins, c’est ce que les employés se sont fait dire : «Possiblement, Obama veut garder sa production chez lui, aux États-Unis, et par ce fait, augmente les coûts de transports et de production ici, au Canada», dit une employée visiblement affectée par tout ce brouhaha.
Également, en ce 5 novembre, on demanda aux femmes de peinturer leurs bottines en rose afin de crier haut et fort leur féminité en minorité dans cette usine. Certains ont voulu représenter le Canada en dessinant un symbole de ce dernier, la feuille d’érable, sur leurs bottes.
Donc, assurément, la récession frappe un grand coup dans une petite communauté comme Hawkesbury, où l’usine était un des rares emplois à 25$ l’heure en plus des nombreux bénéfices qu’elle offrait. On rapporte qu’en 2005, l’usine comptait 550 employés et qu’aujourd’hui, quatre ans plus tard, environ 165 personnes ont perdu leur emploi et se retrouvent désormais au chômage.
Le fameux chômage qui promet bien des choses et qui produit peu. Ce dernier n’est accessible qu’aux employés ayant travaillés un minimum de 600 heures en 20 semaines et par la suite, si ces derniers détiennent toutes les formalités, ils recevront un montant pendant un maximum de 45 semaines. Un petit montant comparé a leur salaire habituel.
D’ailleurs, la majorité de ces 165 personnes ont seulement leur diplôme de 12e année en poche puisque leur entrée dans cette usine fut dans la jeune vingtaine. Un moment innocent de la vie remplie d’espoir où ils pensaient trouver une meilleure vie, un bon salaire afin de s’assurer d’un bon futur pour eux-mêmes et celui de leurs enfants.
La plupart n’ont pas d’études postsecondaires et sont laissés à eux-mêmes. La moyenne d’âge se situe autour de 45 ans. Y a-t-il des emplois qui débordent pour des gens de cet âge et surtout dans une ville comme Hawkesbury? Eh bien non, et le pire n’est qu’à venir!
Le syndicat a également indiqué que la pension des employés sera réduite. Ils sont déjà paniqués par tous ces événements, et personne n’a de cœur à donner d’indications ou même de chiffres par rapport à la réduction. Donc, des employés ayant une ancienneté de 20 ans ou plus n’ont aucune idée à quoi ressemblera leur futur financièrement. De quoi causer bien des maux de tête!
Finalement, Hawkesbury se dit bien appuyée par son parti politique et sa mairesse Jeanne Charlebois, mais comment expliquer la présence d’aucune personne de son parti et sans même la mairesse elle-même lors du rassemblement officiel de la fermeture ? La suite s’annonce malheureusement grise pour la communauté…