Imaginez-vous entrer dans une salle de classe décorée à l’allure d’une guerre mondiale, des drapeaux accrochés au mur et du barbelé au-dessus du tableau. C’est en fait la classe de l’enseignant d’histoire et de politique, M. Daniel Lalonde. Un jouvenceau récemment gradué et de retour à son ancienne école secondaire.
Joey Villeneuve : Comment vous sentez-vous, après tout vous travaillez avec les enseignants qui vous ont formé?
Daniel Lalonde : Tout enseignant rêve de retourner à son ancienne école. C’est leur chez-soi, ils s’y sentent bien et comme à la maison. Mais c’est bizarre d’enseigner avec ceux qui m’ont formé; je les vois toujours comme mes enseignants. Depuis le début de l’année, je me fais taper les doigts car je les appelle encore «Monsieur», «Madame».
Déjà à sa première année d’enseignement, M. Lalonde s’implique dans l’école auprès du conseil étudiant, lequel il a fondé au secondaire.
J.V. : Imaginiez-vous un jour avoir ce poste lorsque vous-même étiez au conseil?
D.L. : Oui et non. Quand je suis arrivé au module de langue française de l’école (l’école faisait partie de l’école secondaire anglaise dans le passé), il n’y avait pas de conseil. Lorsque j’ai décidé de former un conseil pour que les élèves aient leur voix, j’étais fier d’avoir des enseignants pour participer, mais je ne m’attendais pas à être chargé du conseil à ma première année. C’est un gros dossier demandant beaucoup d’implication. Mais je suis vraiment fier du groupe avec lequel je travaille.
Non seulement comme enseignant, mais aussi comme élève, Daniel Lalonde s’impliquait beaucoup pour la francophonie.
J.V. : Pouvez-vous nous énumérer quelques-uns de vos exploits?
D.L. : Je considère la création du conseil étudiant comme un exploit. J’ai siégé trois ans à l’AEF (Association des étudiants francophone de l’Université Laurentienne). J’ai participé à l’Association de science politique de l’Université Laurentienne et j’ai animé pour la FESFO lors de mes deux dernières années d’université.
Toute cette implication lui a valu en 2004 le prix jeunesse Thomas-Godefroy décerné par l’ACFO de Prescott et Russell.
J.V. : Quelle était votre réaction lorsqu’on vous a informé que vous étiez lauréat?
D.L. : Si ma mémoire est bonne, j’étais assis dans ma résidence. C’est Jean Poirier qui m’a appelé pour m’informer que j’étais lauréat. Ma première impression était la surprise de recevoir ce prix, plusieurs autres personnes de mon entourage étaient très impliquées eux aussi.
Étant enseignant de politique et fin défenseur du fait français et de la jeunesse en Ontario, M. Lalonde a plusieurs opinions du gouvernement.
J.V. : Que pensez-vous de l’initiative du gouvernement envers la jeunesse?
D.L. : Je trouve que c’est important d’impliquer les jeunes dans le fonctionnement du pays. C’est quand j’entends que les jeunes sont leaders de demain mais qu’ils sont toujours trop jeunes pour divulguer leurs opinions. Souvent les adultes sont biaisés mais pas les jeunes, ce qu’ils disent est souvent juste du «gros bon sens». Après tout, c’est leur futur, ils peuvent quand même le façonner.
J.V. : On entend souvent que les jeunes sont des lâcheurs et que la jeunesse ne vaut rien. Vous êtes l’exemple parfait pour prouver le contraire, mais pour quoi croyez vous qu’on dit de telles choses et comment pouvons nous y remédier?
D.L. : C’est vrai qu’on entend ça, mais il faut croire dans nos jeunes. C’est à nous enseignants, adultes, de les supporter, de les guider, de les former pour qu’un jour ils puissent voler de leurs propres ailes. Permettez-moi de citer le Petit Prince : «Il faut arrêter de voir le chapeau et commencer à croire dans le boa qui a avalé un éléphant».