Le 9 octobre dernier, Barack Obama s’est vu attribué le prix Nobel de la paix «pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationales entre les peuples», a annoncé le jury du prix à Oslo. Il est le troisième Américain membre du Parti démocrate à recevoir le Nobel de la paix depuis le début du 21e siècle, après l’ancien président Jimmy Carter (2002) et l’ancien vice-président Al Gore (2007).
Le premier Afro-Américain élu à la Maison blanche a lancé des appels en faveur d’un monde sans armes nucléaires et s’emploie à relancer le processus de paix israélo-palestinien. En poste depuis moins d’un an, il a déjà changé la politique étrangère américaine en optant pour une approche plus universelle, voulant ainsi favoriser la mondialisation.
Certaines personnes, tel que le Polonais Lech Walesa, lui-même lauréat en 1983, ont jugé ce Nobel «prématuré». «Nous avons maintes fois essayé de donner (le prix) pour encourager ce que de nombreuses personnalités essayaient de faire», a répliqué M. Jagland.
Son engagement dans la lutte contre le changement climatique en est un qui est bien vu sur la scène internationale puisque son prédécesseur, l’ancien président Georges W. Bush, ne s’est pas attardé sur ce sujet. Également, Obama s’est engagé à fermer la très controversée prison de Guantanamo.
D’autres noms étaient plus souvent cités, tels que l’opposant Zimbabwéen, devenu premier ministre, Morgan Tsvangirai, le médecin congolais Denis Mukwege, qui soigne les femmes victimes de violences sexuelles liées à la guerre civile. Le président américain ne figurait pas parmi les favoris. D’autres, au contraire, se sont réjouis de cette nomination. L’ex-leader soviétique, Mikhail Gorbatchev, a fait valoir qu’Obama «a déjà contribué à changer l’atmosphère dans le monde».
Le président lui-même était sous le choc en apprenant cette nouvelle. «Pour être honnête, je n’ai pas l’impression que je mérite de me retrouver en compagnie de tant de personnalités qui ont transformé leur époque et qui ont été distinguées par ce prix», a-t-il dit durant une conférence de presse. Pour Obama, ce prix ne constitue pas une distinction de ses services mais plutôt comme une invitation à rester au service de la paix. Espérons que le «super héros» de l’heure ne nous déçoive pas!