Depuis que la perle des Antilles a été secouée par un violent tremblement de terre le mardi 12 janvier dernier, un seul mot est sur toutes les lèvres : Haïti. Après presque un million de blessés, plus de 200 000 morts et d’innombrables sans-abris, le monde entier s’est mobilisé pour tendre la main à ce pays. Autrefois plus ou moins ignoré de la communauté internationale, Haïti fait maintenant la une partout sur Terre. Mais qu’en est-il de son histoire ?
Haïti a été découvert en 1492 par Christophe Colomb lors d’un de ses voyages. Il revendiqua aussitôt la nouvelle terre pour l’Espagne, laquelle il nomme La Isla Española ou Hispañola. À son arrivée, quelques milliers d’indigènes Arawak et Taïnos vivent sur cette terre. Les colons les emploient en tant que main-d’œuvre dans de si piètres conditions de vie que, une trentaine d’années plus tard, ces indiens disparaissent complètement. En 1606, craignant les attaques de flibustiers belliqueux, le roi ordonne à tous ses sujets vivant sur Hispañola de s’établir près de la capitale, Santo Dominguo. Ironiquement, cela laisse le champ libre à des pirates français, hollandais et anglais qui s’approprient les côtes nord et ouest de l’île. Plus particulièrement, un groupe de boucaniers français s’installent sur ce qui deviendra la mystique Tortuga. En 1664, la France signe un traité qui lui concède officiellement la partie ouest de l’île. Afin de remplacer les ouvriers indigènes, les Français importent près de 790 000 esclaves africains qui sont employés dans des plantations de coton, de tabac, d’indigo, de cacao et de canne à sucre. La population de l’île, devenue complètement propriété de la France en 1697, est divisée par la révolution française. Par la suite, l’esclavage est aboli. Mais Saint-Domingue n’est pas au bout de ses peines. Bonaparte envoie un régiment pour rétablir l’ordre en 1802. Pendant deux ans, des batailles opposent les Blancs aux anciens esclaves noirs. Le 1er janvier 1804, l’indépendance d’Haïti est signée.
Les gouvernements se relayent, mais la corruption règne sur le pays. Quoiqu’Haïti réussisse à se développer un peu durant une vingtaine d’années, la prise de pouvoir en 1957 par le dictateur François Duvalier, aussi connu sous le nom de « Papa Doc », retardera le progrès. Quelques 30 000 Haïtiens perdront la vie sous son règne, notamment à cause des crimes perpétués par sa police, la VSN (Volontaires pour la Sécurité nationale). François Duvalier reprend les croyances traditionnelles du vaudou dont il se sert pour ajouter à son pouvoir. Lorsqu’il meurt en avril 1971, Duvalier cède sa place à son fils, Jean-Claude Duvalier ou « Bébé Doc ». Quoique le début du règne de Duvalier Junior semble prometteur – notamment du côté des relations avec les autres pays – il dépérit vers la fin des années 1970. La presse est de nouveau muselée et plusieurs journalistes « indépendants » sont tués par l’état pour avoir dit ce qu’ils pensent. Le 7 février 1986, Jean-Claude Duvalier est forcé de s’exiler. De nouveau, les gouvernements se succèdent. Aujourd’hui, Haïti se relève péniblement et, tel un phénix, renaîtra de ses cendres.
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