Olympie, la riche



Publié le 25 Février 2010
Publié le 16 Juin 2010
 

Frédéric Lanouette, École secondaire Embrun

Dans l’Antiquité, Olympie fut la ville hôte des jeux sportifs dédiés à Zeus. Pendant plus de mille ans, les athlètes de toutes les cités grecques se réunirent dans cette ville pour trouver le champion d’entre les champions, celui qui recevra la couronne de laurier. Ces jeux, célébrés aux quatre ans, prirent place pendant plus de mille ans, jusqu’à ce que Théodose, dernier empereur de la Rome réunifiée, ordonne l’abandon des lieux religieux grecs, nous sommes en 393 après J.-C.

Sujets :
Grèce , Athènes , Sparte

Ce n’est qu’en 1896 que les Jeux olympiques d’été modernes apparurent (ce fut en 1924 pour les jeux d’hiver). La tradition fut changée et au lieu de toujours célébrer les Jeux à Olympie, le CIO (comité international olympique), en se basant sur plusieurs critères, désigne les villes hôtes qui accueilleront les Jeux hivernaux et estivaux. Les villes compétitionnent principalement par honneur, car recevoir les jeux millénaires n’est pas à la portée de tous les pays, mais aussi pour une autre raison, peut-être un peu moins connue; l’économie.

Dans la Grèce antique, Athènes avait son art, Thèbes ses héros et Sparte son armée. Olympie avait les Jeux, et une économie incroyable. En effet, à cause des activités dédiées à Zeus, les habitants d’Olympie vivaient dans un confort économique certain. Les Jeux apportaient des visiteurs de tous les coins de la Grèce, et ces visiteurs ne se logeaient pas nulle part, les maisons d’hébergement étaient souvent remplies dès les premiers jours et les auberges manquaient de vivres. De plus, l’accès aux sites de joutes n’était pas gratuit, il fallait payer un droit d’entrée, revenu supplémentaire. Le tourisme jouait aussi un rôle important dans la prospérité de la ville, en effet, les marchands ouvraient plus longtemps et offraient plus de marchandises, c’était le moment idéal pour faire de bonnes ventes; lorsqu’il n’y avait pas de compétitions, les marchés étaient inondés de monde qui cherchaient à ramener un souvenir des Jeux.

Bien que tout ceci se soit passé il y a plus de 1600 ans, les choses ont peu changé, Olympie est tombé dans l’oubli et sa gloire n’est que chose du passé. Maintenant, ce sont les villes hôtes qui reçoivent les autres pays du monde, et l’argent qui vient avec. Pendant toute la durée des Jeux, soit pendant deux semaines, les restaurants et les hôtels réalisent plus de quatre fois leur chiffre d’affaire pour une semaine normale, c’est beaucoup quand on considère que les touristes visitent exclusivement certains restaurants réputés lorsqu’ils viennent en voyage. Les Jeux amènent aussi un tout autre aspect commercial: les produits dérivés. Les jeunes comme les moins jeunes ont tous chez eux la mystique paire de gants rouges avec les anneaux olympiques brodés dessus. Il en est de même pour le chandail, la veste et la tuque. Nous avons besoin d’un symbole auquel nous attacher afin d’assouvir notre patriotisme et notre fierté. Et ça, les organisateurs le savent plus que tout autre. Les gens qui ne peuvent pas se rendre à Vancouver, là où se tiennent les présents Jeux, essaient de montrer leur appartenance en arborant le logo olympique.

Mais en fait, la véritable raison qui pousse les compagnies à produire de tels produits, on peut penser à la gomme Excel qui nous a présenté une gomme frappée d’une feuille d’érable, c’est principalement pour faire du profit, car Dieu sait que les gens achètent quand il est question de montrer leur fierté. Mais cette idéologie n’est pas pour autant mauvaise, comme nous dit Jasmine El-Haraki, étudiante : « Avec la récession économique omniprésente, il est bon que le Canada ait un moyen autre que sa propre finance interne pour remonter la pente. Mais il est tout de même vrai que le comité [olympique] devrait mettre plus d’emphase sur les valeurs anciennes, et non se concentrer seulement sur le côté économique ».

En d’autres mots, les Jeux olympiques étaient, auparavant, une question de fierté, mais maintenant, ils tendent plus vers la finance et les gains financiers, car les retombées économiques sont extraordinaires et désirées. Il ne faut tout de même pas oublier pourquoi nous avons des Jeux, et c’est pour rassembler les gens de tous les pays du monde. Demandez à quelqu’un s’il entend parler de guerre pendant les Jeux, ils vous répondront que non. Voici le vrai miracle que nous a offert Olympie.

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22 Mai 2012

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