Combien de fois entendons-nous «C’est tellement gai!» lorsque nous sommes à l’école? Évidemment, si on questionne les élèves qui ont employé ces termes, on se rend compte qu’ils ne voulaient pas employer ces mots dans le sens de «homosexuel» mais plutôt dans le sens de «stupide». Malgré tout, cela démontre une insensibilité certaine face à l’homosexualité puisqu’utiliser des termes désignant des personnes homosexuelles dans le sens de stupide revient à désigner l’homosexualité comme étant inintelligente et cela peut blesser des gens.
L’école devrait être un lieu où chacun et chacune se sent en sécurité et est libre de s’épanouir et de construire sa propre identité. Cependant, lorsqu’on donne la permission aux gens d’utiliser des termes comme gai ou fag à l’école on ne permet pas à l’école d’être le milieu ouvert qu’il doit être et on ne permet pas aux élèves et enseignants homosexuels et homosexuelles de s’épanouir sans être jugé ou insulté.
La construction identitaire est d’ailleurs un élément sur lequel les écoles mettent beaucoup d’emphase. L’éducation promeut beaucoup l’identité linguistique et culturelle mais met peu d’efforts envers l’orientation sexuelle qui, pourtant, fait partie intégrante de notre identité. Ce sont les médias qui nous éduquent au sujet de l’homosexualité et ils le font en nous présentant, dans les films ou les émissions de télévision, des stéréotypes fixes. Dans une société qui s’ouvre de plus en plus à la diversité sexuelle, l’individu demeure cependant généralement ignorant face à l’homosexualité puisqu’il s’agit encore d’un sujet tabou ou caricaturé dans les écoles et les médias. Comment pouvons-nous faire de l’école un lieu propice à l’épanouissement si on ne parle pas du tout de l’homosexualité ou si on ne propose pas une autre perspective que celle dévoilée dans les médias?
Il est évident qu’un long processus attend le monde de l’éducation si on veut se débarrasser complètement du problème de l’homophobie et de l’incompréhension face à l’homosexualité mais il faut commencer par briser les tabous et en parler, par petites doses, dans les communautés scolaires. Il faut aussi briser le stéréotype de la «normalité» afin que tous et chacun comprenne que nous sommes tous et toutes différents les uns des autres et que la «normalité» commence par l’expression de son individualité et la célébration de nos différences.