Avocate générale et Directrice exécutive de l’Association canadienne des libertés civiles, Nathalie DesRosiers nous prête de son temps pour partager ses opinions et expériences personnelles au sujet des droits civils canadiens qui influencent la vie des femmes, des minorités et de tous les Canadiens.
Après avoir reçu son LL.B. à l’Université de Montréal et une maîtrise en Droit à Harvard, Nathalie DesRosiers, maintenant membre du Barreau du Québec et de l’Ontario, discute de ses projets, opinions et espoirs pour le règne de la justice ici, au Canada. Cette femme de carrière travaille présentement à l’Association canadienne des libertés civiles comme Avocate générale et Directrice exécutive pour s’assurer que les promesses de la Charte canadienne soient respectées.
Michelle Bégin-Major : Selon vous, quel est présentement le plus gros problème avec nos droits civils en ce qui concerne les femmes et les minorités?
Nathalie DesRosiers : L’un d’entre eux est certainement le fait qu’on se retrouve maintenant sur un plateau des droits des femmes. Les gens pensent qu’il n’y a plus de problèmes. Cependant, les femmes sont les membres de la population les plus pauvres et ont le salaire le moins élevé. Il n’y a pas d’égalité économique et il y a un silence autour de cette question. De plus, on retrouve dans nos postes de pouvoir politique environ 21% de ministres et élus de sexe féminin ce qui est moins que plusieurs autres pays. Pour les minorités, c’est le même problème plus accentué. Les nouveaux immigrants n’ont plus le même taux d’accès aux emplois que les anciennes générations. Et encore, on ne les retrouve pas dans les hautes sphères professionnelles.
M.B.M. : Comment pensez-vous que les multiples religions de notre pays influencent nos droits civils?
N.D. : Depuis le début, on vise un traitement égalitaire avec les autres religions. Malgré tout, ce n’est pas facile. Au sein des religions, il y des inégalités, surtout envers la femme, qui entrent souvent en conflit avec nos idéologies.
M.B.M. : Selon vous, est-ce que présentement la position de la femme dans le milieu professionnel est réellement égale à celle de l’homme? Quelle est votre expérience personnelle?
N.D. : Il y beaucoup d’opportunités pour les femmes au niveau professionnel, mais elles doivent prendre leur place. Il y a toujours des préjugés ici et là mais il ne faut pas se laisser arrêter. Être une femme peut être un désavantage tout comme ce peut être un avantage. Mais il faut se rappeler que tout le monde a des problèmes de nos jours en ce qui concerne la recherche d’emploi. Personnellement, je me souviens qu’il y avait très peu de femmes initialement. J’étais souvent la seule femme et j’ai été la première à faire plusieurs choses dans mon domaine. Mais le monde est prêt pour les femmes en position de leadership et si d’autres ne le sont pas, qu’ils s’écartent!
M.B.M. : Croyez-vous que le rôle de la femme dans la société est, de nos jours, adéquatement respecté?
N.D. : Je crois que les femmes ont des choix mais elles doivent les prendre. Je pense aussi qu’elles tentent avec beaucoup de succès de présenter une image équilibrée entre la famille et le travail. Elles sont en fait une inspiration à plusieurs hommes.
M.B.M. : Pouvez-vous discuter de l’évolution de vos objectifs au cours de votre carrière?
N.D. : À l’école secondaire, je voulais être journaliste. Une fois entrée à l’université, je me suis trouvé un emploi comme journaliste mais après avoir trouvé un intérêt dans la matière avec ce travail, je me suis dirigée vers le Droit. Je me suis toujours poussée pour faire de mon mieux en étant une meilleure professeure, en écrivant de meilleures publications et je tente toujours de respecter ma mission, d’inspirer les gens et de définir les ambitions de mon groupe.
M.B.M. : Si vous étiez dans une position de pouvoir, que changeriez-vous au plan national?
N.D. : Je réinvestirais dans l’accès à la justice pour que les pauvres aient accès à la protection de leurs droits comme citoyens. Je croix vraiment que ceci est essentiel puisque sinon, les gens riches peuvent continuer d’abuser de leur pouvoir. Il est important de permettre à tous les Canadiens d’exercer leurs droits.