Analyse d’une coalition mort-née



Publié le 25 Février 2009
Publié le 16 Juin 2010
 

Berthe Makanda, École secondaire Garneau

La fin de l’année 2008 a présenté plusieurs obstacles au gouvernement de Stephen Harper alors qu’il est au pouvoir une fois de plus avec un gouvernement minoritaire n’ayant que 143 sièges. Quoiqu’il ait eu un pauvre nombre d’électeurs aux élections d’octobre, les résultats démontrent qu’il est gagnant mais que collectivement, les partis de gauche ont 163 sièges. La récession mondiale se fait sentir au Canada et les troubles politiques y sont semés simultanément.

Sujets :
École secondaire Garneau , Chambre des communes , Parti libéral , Canada

Le 1er décembre 2008, les libéraux et les néo-démocrates ont formé une coalition, avec le support des bloquistes, pour renverser le gouvernement conservateur. Stéphane Dion, unanimement choisi comme chef de la coalition, a donc envoyé une lettre à la Gouverneur Générale, citant «qu’il devait tristement observer les autres pays réagir rapidement aux troubles économique inattendus alors que Harper n’a pas fait de pas vers l’avant».

Le vote de non confiance prévu le huit décembre avait pour but de mettre la coalition au pouvoir : une décision que certains jugeaient anti-démocratique. Cette procédure est par contre juste et respecte la constitution. Si le vote passait, Michaëlle Jean aurait pu mettre le gouvernement de coalition au pouvoir.

D’après la constitution, «les questions soulevées dans la Chambres des Communes seront décidées à la majorité des voix sauf celle de l’orateur». Pourtant, cette alliance semblait peu probable. Les trois partis se sont unis pour montrer leur désaccord avec le budget de Jim Flaherty, ministre des Finances. D’après le document signé par les chefs de parti, la coalition de dix-huit mois aurait eu pour but de stabiliser le Canada sur le plan économique.

De l’autre côté, le gouvernement conservateur a su ignorer les inquiétudes de l’opposition face à la récession. Jim Flaherty a cité «qu’il ne changerait pas le plan économique et qu’il suffit de faire confiance au plan qui était préparé». En entendant les murmures de coalition, le gouvernement de Harper a rapidement changé d’idée en supprimant la clause traitant des subventions électorales ainsi que celle empêchant les grèves dans les syndicats du secteur public pendant trois ans.

Une fois que la coalition était réalisée et le vote de non confiance aurait lieu, Harper a demandé de rencontrer la Gouverneur Générale. Harper, ayant deux options, a poussé l’idée de proroger la Chambre des communes jusqu’au 26 janvier. Ceci permettait à Flaherty d’apporter les changements nécessaires au budget pour calmer le désordre politique et ainsi démonter la coalition «trop fragile, construite vite, sans beaucoup de supervision et avec des matériaux de qualité douteuse».

La coalition des libéraux et des néo-démocrates, supportée par le bloc, semble être à la recherche du pouvoir et non à la rescousse du peuple canadien. Dion est convaincu qu’il aurait dû remporter l’élection du 14 octobre 2008 et la coalition, sa tactique maligne mais ingénieuse, pour rentrer au pouvoir, en résulte.

Le Parti libéral ne s’aide pas en ayant des députés tels que Jimmy Karygiannis, qui se lance vers les médias pour abaisser Stéphane Dion. Karygiannis soutient alors ce que plusieurs Canadiens semblaient penser en citant «si vous ne gagnez pas la bataille des ondes, vous n’allez nulle part», en faisant allusion à la catastrophe médiatique du 4 décembre.

Du côté du NPD, leur rôle dans la coalition semble minime alors que tout récemment, au courant de la campagne électorale, même les libéraux ont critiqué leur plateforme économique en exprimant qu’ils injecteraient toutes sortes d’argents que le gouvernement n’a pas.

Collectivement, ces facteurs donnent l’impression que les libéraux et les néo-démocrates ne sont pas authentiques dans ce qu’ils disent et qu’en effet, ils jouent le jeu de la politique.

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