Le 2 octobre 2009, Ottawa accordait une première heure de débat parlementaire au projet de loi privé C-384. Le projet de loi de Francine Lalonde modifierait le Code criminel de sorte que l’euthanasie puisse mettre un terme à la souffrance.
Députée à la Chambre des communes depuis 1993, Francine Lalonde avait déposé en mai dernier un projet de loi modifiant le Code criminel dans l’espoir de donner le droit à une personne de mourir dignement. La députée bloquiste de Pointe-de-l’Île avait déjà présenté un tel projet de loi en juin 2005. Cependant, les débats avaient été interrompus alors que le Parlement déclenchait de nouvelles élections. En 2008, elle a essayé de relancer le débat, mais le même scénario s’était produit.
Le projet de loi C-384 permet à un médecin d’aider une personne éprouvant des souffrances physiques ou mentales de mettre fin à sa vie. Le patient, âgé d’au moins 18 ans, doit remettre à un médecin deux demandes écrites faisant part de son désir de mourir dignement. De plus, le patient doit indiquer par écrit la personne qui agira en son nom lorsqu’il ne sera plus lucide.
La réalisation du projet de loi de Mme Lalonde est inspirée de la politique des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg, des pays qui permettent le droit de mourir dignement depuis le début des années 2000. Aujourd’hui, Mme Lalonde croit que son projet de loi rejoint les valeurs de la société.
Pourtant, l’idée de légaliser l’euthanasie déplaît à plusieurs personnes. Il y a d’abord les groupes religieux qui associent l’euthanasie au meurtre. L’Église insiste que la dignité humaine repose dans le caractère sacré de la vie. Il importe donc que toutes les étapes de la vie humaine soient respectées et protégées. L’euthanasie et le suicide assisté ne sont pas des réactions proportionnées à la douleur physique et mentale.
Il n’y a pas que des convictions religieuses derrière les contestations du projet de loi. En effet, l’Association médicale canadienne pense que l’euthanasie est contraire à l’éthique médicale. Le rôle d’un médecin est de voir au bien-être de son patient, même s’il n’y a aucune possibilité de guérison.
Encore aujourd’hui, l’euthanasie demeure un sujet très controversé. Durant la prochaine heure de débat, il se révèlera nécessaire que le Parlement canadien examine toutes les dimensions de l’euthanasie avant d’adopter le projet de loi C-384. La légalisation de l’euthanasie aurait des conséquences définitives sur la société.