L’incident du 30 octobre dernier concernant Ben Fanelli des Rangers de Kitchener n’est que la partie visible de l’iceberg des coups portés à la tête au hockey. Fanelli a souffert de fractures au visage et au crâne à la suite d’un dur coup porté par Michael Liambas, joueur de l’équipe d’Érié. Le fait que Fanelli se soit retrouvé dans un état critique à l’hôpital n’a qu’ajouté au débat des coups portés à la tête.
Pourtant, le jeune défenseur de 16 ans n’est pas le premier à souffrir sévèrement d’une mise en échec dont la légalité était définitivement discutable. On pense à Patrice Bergeron des Bruins de Boston qui a raté la majeure partie de la saison 2007-2008 après avoir été plaqué par Randy Jones. Toutefois, la Ligue nationale de hockey n’a pas modifié ses règlements à la suite de cet incident.
En effet, la LNH n’attribue pas de punition au joueur qui vise la tête en plaquant. Certes, il y a des punitions pour donner de la bande ou frapper par derrière, mais les joueurs ne se font pas punir sévèrement pour des coups où la tête est visée. La LNH punit ses joueurs lorsqu’ils sortent le crochet, font des plongeons, ou lorsque l’équipement n’est pas adéquat, mais aucune réelle mesure n’est prise pour protéger la tête des joueurs.
Ce qui encourage les durs-à-cuire de la ligue, comme George Laraque ou Chris Neil. Ces joueurs ressentent la nécessité de jouer agressivement pour faire la «police» puisque la ligue et les arbitres le font peu. Ceci, en somme, présente un match avec moins de contrôle, où le talent et la finesse des joueurs sont obscurcis par les batailles.
Depuis ces incidents, le débat fait rage et les sites et blogues de hockey sont remplis d’opinions variées. Pourtant, l’accord semble être à peu près général : la ligue devrait punir plus sévèrement les coups portés à la tête, qu’ils soient menés par l’épaule (habituellement une mise en échec avec l’épaule est considérée comme légale) ou non. Les administrateurs de la LNH affirment que la situation est une priorité mais n’y répondent pas de façon concrète.
De fait, il ne semble pas y avoir une réduction dans le nombre d’incidents de coups portés à la tête. Par exemple, David Booth ratera sans doute une bonne partie de cette saison en raison d’une commotion cérébrale subie aux mains de Mike Richards. Il y a aussi le fameux incident Bertuzzi / Moore, qui a sérieusement terni l’image de Bertuzzi et de la ligue, en plus de casser trois vertèbres du dos de Moore et de lui infliger une commotion cérébrale sévère.
En bref, un coup porté à la tête d’un joueur est une action extrêmement dangereuse. Malgré la division dans le débat, on peut extrapoler le fait qu’un jeu fait pour le plaisir ne devrait jamais finir dans une salle d’urgence. La situation se résume en une simple question de respect; respect du joueur et respect du sport.