Nous savons tous que le coquelicot est la fleur emblème du Jour du Souvenir ici au Canada, dans les pays du Commonwealth et aux États-Unis. Mais saviez-vous qu’en France, la fleur du Souvenir est le bleuet des moissons, ou Centaurée-bleue? Pourquoi avoir choisi ces fleurs pour commémorer les victimes de guerre?
Eh bien ces deux fleurs sont les premières à pousser dans les champs de bataille après les combats. Le sol enrichi de poussières de chaux suite aux nombreux bombardements s’avère un milieu propice à la croissance de ces deux plantes.
Le coquelicot fut popularisé en 1915 grâce au poème intitulé «In Flanders’ Fields» ou «Au Champ d’Honneur» écrit par le lieutenant colonel John McCrae, un médecin militaire canadien. Dans ce poème, il décrit la présence de coquelicots dans les cimetières de fortune où l’on enterrait les soldats tombés au combat. Ces fleurs d’un rouge vif étaient un peu à l’effigie du sang versé par les millions de soldats morts durant la Grande Guerre de 1914-1918.
Ironiquement, avant la Première Guerre mondiale, peu de coquelicots poussaient en Flandres. C’est une Américaine de New York, Moina Michael, qui lança la tradition du port du coquelicot en tissu en épinglant cette fleur sur sa robe le 11 novembre 1918. En 1920, une certaine Madame Guérin eut vent de ce geste et décida, à son retour en France, d’utiliser des coquelicots faits à la main pour ramasser des fonds pour les enfants des secteurs touchés pendant la guerre. L’année suivante, les premiers coquelicots étaient distribués au Canada.
Pour ce qui a trait au bleuet, cette fleur fut sélectionnée en mémoire des jeunes recrues françaises de 1915 (surnommées les «Bleuets» par leurs aînés) à cause de leur uniforme bleu tout neuf qui contrastait avec la couleur terne des uniformes des soldats en fonction depuis longtemps. Les soldats vétérans étaient plutôt vêtus d’une veste bleue et d’un pantalon rouge.
De plus, deux dames de Paris, Charlotte Malterre et Suzanne Lenhardt, décidèrent de mettre sur pied, en 1917, un programme de fabrication de fleurs en tissu par les soldats infirmes des hôpitaux de Paris. Cette activité permettait aux soldats mutilés de disposer d’un petit revenu après leur retour des champs de bataille. Une fondation, Le Bleuet de France, fut créée en 1934 et, peu après, le bleuet devint officiellement la Fleur du Souvenir à la grandeur de la France.
C’est à ce moment que le bleuet entra dans la composition des gerbes de fleurs déposées sur la tombe du soldat inconnu. Comme dit précédemment, malgré l’appellation «bleuet», il ne s’agit pas de la petite baie ronde et juteuse du Lac St-Jean, mais plutôt de la Centaurée-bleue. On la surnomme aussi bleuet des champs ou bleuet des moissons.
Le coquelicot et le bleuet symbolisent donc le Sacrifice ultime de millions de victimes fauchées par la guerre. Puissent leurs souvenirs demeurer dans nos coeurs aussi vibrants que la couleur de ces fleurs.