Soumis par diverses contraintes scolaires, ou tenté par autres activités sociales, l’adolescent moyen néglige sans cesse son sommeil. En effet, une étude américaine démontre qu’en moyenne, les adolescents du pays dorment 7,71 heures par nuit, alors que ces jeunes ont besoin d’un repos de minimum 9 heures. Ces ados sont alors sujets à de nombreuses répercussions, soit une pression artérielle accrue, un manque de concentration à l’école, et ils peuvent même être atteints de dépression. Si l’adolescent parvient souvent à garder ses paupières ouvertes lorsqu’il est somnolant, l’accumulation de sommeil manqué a souvent raison du corps du jeune adulte, et celui-ci finit par rattraper son repos perdu.
C’était avant l’arrivée des boissons énergisantes : Red Bull, Guru, Rockstar; tant de marques ciblant les jeunes adultes, leur présentant un contenu explosif de sucre et de caféine pouvant les maintenir éveillés, allégeant leurs paupières et ravivant leurs corps éreintés. Une canette qui évoque un contenant de bière, des slogans zen et attirants, tout pour attirer le jeune adulte, une véritable drogue. Alors que le corps essaie d’envoyer d’innombrables messages à l’ado, le sucre et la caféine se combinent pour annuler ces alertes, sans non plus lui apporter d’aide.
Il ne faut pas s’étonner du succès sans pareil qu’obtiennent ces boissons; sans posséder le goût amer du café, elles apportent le même effet stimulant au corps. Aux goûts variés, il peut être obtenu à n’importe quel dépanneur ou supermarché, et n’importe quel jeune peut se le procurer sans problème. À l’image de Popeye qui avale sa boîte d’épinards, le jeune qui boit le contenu de la canette attrayante voit son énergie se renouveler. Il faut par contre mentionner que l’apport nutritif n’est pas tout à fait le même!
Alors que la graine de café apporte une dose naturelle de caféine, les industries de boissons énergisantes n’utilisent pas tout à fait la même stratégie. Elles préfèrent plutôt incorporer à leurs recettes des sous-produits aux mêmes effets, tels la taurine, la guarana, le ginseng, l’échinacée, etc. Le problème avec de tels extraits de plantes est que leurs effets sont encore imprévisibles. L’utilisation de la taurine dans les produits alimentaires est d’ailleurs proscrite dans certains pays. Le ginseng quant à lui peut provoquer des effets névrotiques, et des maux de tête.
Ces grandes entreprises profitent aussi des failles des règlementations médicales sur la caféine au Canada. En effet, la dose de ce produit dans les breuvages est limitée au pays, Santé Canada recommandant un taux maximal de 400 mg de caféine par jour pour un adulte en forme. Mais comme indiqué précédemment, les boissons énergisantes ne font pas appel à la caféine, mais à ses sous-produits, qui sont considérés comme étant naturels. La dose stimulante dans le breuvage peut alors excéder la limite sans être interdite par le gouvernement canadien.
Une telle dose de stimulus peut être extrêmement néfaste pour le corps et à cause d’un taux de sucre si élevé, certains chercheurs prévoient une grande augmentation de personnes diabétiques.
Qu’attend le gouvernement avant de sévir sur ces breuvages, qui deviennent de plus en plus populaires? Bien sûr, on ne peut contrôler ce que les gens ingurgitent, mais on peut bien contrôler ce qui est mis sur les tablettes des magasins.